Afin de mieux saisir l’impact dans le monde des grands crus de l’annonce de la prise de recul de Robert Parker, revenons sur l’influence dont bénéficient ses célèbres notes de 100 points/100.
Les 100 points de Robert Parker : une consécration pour les plus grands vins
En termes de chiffres, l’impact d’une note de 100 points attribuée par Robert Parker est immédiat. Le site winesearcher.com relève un exemple caractéristique : coté en moyenne à $2500 en janvier 2014, l’Hermitage Cuvée Cathelin 2003 de JL Chave reçut en avril la note parfaite, en quelques jours les cours s’envolèrent pour atteindre en fin d’année $5270. L’effet est certainement amplifié par la rareté de cette cuvée, mais le poids d’un 100/100 attribué par Robert Parker est toujours notable.
Dernier exemple en date, Montrose 2010. Auréolé des 100 points fin août 2014, la cote de ce grand cru bondit de 1960€ la caisse à 2400€ en une journée !
L’emballement du marché pour les vins notés 100/100 par Robert Parker
Cet emballement des cours du marché traduit simplement l’explosion immédiate de la demande qui suit l’attribution de la fameuse note. Il est significatif que 15 des 20 recherches les plus effectuées sur le moteur de recherche précédemment cité, soient notées 100/100. Les nombreuses campagnes de communication des marchands de vin tiennent également un rôle important dans ce phénomène.
Au-delà de l’augmentation parfois irrationnelle des prix, la forte croissance du nombre de grands crus notés 100/100 incite au débat. Aujourd’hui, 511 grands crus prétendent à la perfection selon Parker. L’augmentation est exponentielle : 69 vins accédèrent à ce statut en 2014, 102 en 2013 alors qu’en 2009, 38 vins seulement étaient récompensés par les 100 points, déjà plus du double de 2004 (17 vins). Trois régions en bénéficient particulièrement : le Rhône (107), la Californie (97) et seulement en troisième position Bordeaux (86).
Auteur : Aurélien Grevet
Crédit : © Maria Vazquez